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Si la vie m'était contée

Si la vie m'était contée
L'infime ondoiement de lumière entre les rideaux de la chambre irise sa peau d'une couleur surnaturelle. Elle est encore endormie. Je me rapproche en tirant avec douceur sur le drap. Ses yeux cillent. J'aime la regarder s'éveiller. Elle s'ouvre. Elle se colore comme une fleur. Je passe délicatement mes doigts dans une mèche de ses cheveux. La douceur de cet instant me parait infinie. Je reste là, à contempler son apparence simplement, à m'enivrer de ce bonheur qu'elle m'offre en l'ignorant. Elle entrouvre ses yeux brillants :

"Bonjour ma demoiselle.
- Bonjour, quelle heure est-il? articula-t-elle de sa voix feutrée.
- Assez tôt pour que nous puissions nous préparer. Nous sortons! m'exclamais-je, enjoué.
- Ah oui? demanda-t-elle le visage illuminé. Mais où?
- Ca c'est un secret."

Le mot secret est un mot magique pour elle. Savoir lui montrer que je sais des choses qu'elle ignore la fait rêver. Elle ne veux pas savoir, elle préfère imaginer. Moi ça m'arrange. Je peux taire tout ce qui est délicat ou somptueux pour l'impressionner.

Elle portait une robe faite d'une multitude de volants de tissu blancs et gris cendré. Elle avait remonté ses cheveux et les avait noué à l'aide d'un ruban de satin rouge. Elle avait subtilement souligné l'ovale de son visage à l'aide d'un fard à joues ambré et d'un crayon à lèvres pourpre. Elle avait choisi de se chausser de petits escarpins rouges. Elle était simple. Sublime. Si je devais lui reconnaitre un quelconque talent, son discernement serait le premier. Elle savait faire le maximum, avec rien. Elle était toujours dans la justesse. Toujours.

A suivre...

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 15:35

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