Elle est là, face à moi. Elle me regarde sans vraiment me voir. Je la regarde comme toujours. Elle le sait. Elle est belle. Aussi décide-t-elle, sciemment ou non, de se le prouver. Par moi. A travers moi, elle choisi de se montrer à elle même que sa grâce est une arme de destruction massive. Elle entame donc ce long processus qui consiste à rendre, le mec (un peu benêt) que je suis, complètement dingue. Comment me direz-vous? Comme elles le font toutes. Plus ou moins facilement mais toujours très efficacement. Elle commence par me remarquer miraculeusement. Toujours, et c'est là, selon moi, un point important du mécanisme, au moment où je commence justement à ne plus y croire et à me tourner vers une autre. Elle revient donc à la charge avec une simple piqure, un regard, une simple petite intention. Ensuite, elle s'intéresse à moi, curieusement, et sans aucune arrière-pensée. C'est là qu'est toute la finesse du procédé. En effet, ce simple intérêt (presque feint) qu'elle me porte subitement et alors que je ne l'attendais plus, me rend heureux, d'un coup, même très heureux. Et tellement heureux que je commence à faire l'exact inverse de ce qu'il conviendrait de faire. Je ne la lâche plus, m'attachant à ce bonheur. Mais la cassure est là, c'est déjà trop tard. Je l'aime déjà trop, pour ce qu'elle m'aime elle, c'est-à-dire aucunement. Je fini donc par l'ennuyer, assez pour qu'elle finisse par m'ignorer de nouveau. Et que tout recommence. Encore et encore. Que je me la rendre inaccessible à nouveau. A chaque fois avec une cassure d'amour de plus en plus grande. Et une perte de confiance en moi s'aggravant toujours plus. Ce procédé étant inconscient pour la plupart de nos alter-égo féminins, il convient donc de faire un travail sur soi-même. Ne jamais, jamais, jamais en arriver là : "Je la regarde comme toujours. Elle le sait."